Dermatophilus congolensis
Rédacteurs : Louise Piquart, Matthieu Degreze, Anne-Lise Maucotel, Cécile Emeraud, Cécile Bébéar, Béatrice Berçot.
CNR des IST bactériennes –CHU de Bordeaux & Hôpital St Louis, Paris, CHU de Lyon, CHU Bicêtre
L’émergence d’infections à Dermatophilus congolensis avec 70 cas humains identifiés en Europe dont 40 cas en France entre le 01/01 et le 17/06/2026 fait suspecter un changement de dynamique de transmission de cette bactérie zoonotique, vers une circulation interhumaine.
Cette fiche pratique vise à reprendre les points essentiels connus à ce jour sur ce pathogène et à synthétiser les recommandations pour sa détection en laboratoire.
De quoi s’agit-il ?
Classe des Actinomycetes – Genre Dermatophilus – Espèce type : D. congolensis (seule espèce décrite).
Bactérie zoonotique. Agent de la dermatophilose à l’origine de lésions cutanées chez l’animal. Réservoir bovin, équin et ovin principalement (portage cutané commensal possible). Prévalence plus élevée en zone tropicale et subtropicale.
Transmission principalement par contact direct inter-animaux et humains-animaux (éleveurs/ chasseurs/cavaliers/vétérinaires). Cas humains rares. Localisation principalement au niveau des membres ayant été en contact avec l’animal infecté.
Survie dans l’environnement limitée mais transmission facilitée dans les environnements humides.
Infection favorisée par altération de la barrière cutanée (microlésions préexistantes).
Physiopathologie : Existence de 2 stades de développement : forme végétative et zoospore (forme spore mobile infectante) évoluant de l’un à l’autre sur la peau de l’hôte. Passage sous forme de zoospore favorisée par l’humidité.
Multiplication des zoospores au sein des follicules pileux, envahissement de l’épiderme et multiplication à l’origine de plaques exsudatives décollement et renouvellement de l’épiderme avec une chûte de croutes épaisses infectantes.